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  Le placement or

Jusqu'en 2001, l'or ne remplissait plus son rôle de valeur refuge et, en tant que placement, cette matière première n'intéressait plus les investisseurs, puisque tout espoir de gain avait disparu. Mais depuis cette date et après deux décennies de baisse, le cours de l'or connaît à nouveau une fulgurante ascension.

En effet, avec le retour de l'inflation et l'augmentation du prix du pétrole, notamment, ce placement longtemps délaissé par les investisseurs et les épargnants est à nouveau ce que l'on appelle une valeur refuge.
Cette valeur refuge, insensible à la hausse des prix et négociable partout, redevient, durant cette période de ralentissement économique, une valeur de repli intéressante. L'or étant une matière première qui offre une couverture contre les trois plus grands risques auxquels peut avoir à faire face un investisseur : une dépréciation du dollar, un regain d'inflation et un événement géopolitique majeur.

La forte hausse du cours de l'or ces dernières années ne doit pas pour autant faire oublier aux investisseurs que sa valeur fluctue et que rien ne permet de garantir que l'épargnant retrouvera son investissement initial.

Toutefois, les indicateurs économiques et de nombreux spécialistes indiquent que l'augmenta-tion du cours de l'or devrait perdurer encore quelques années. Ainsi, l'épargnant investissant sur le métal jaune, qui certes ne lui rapportera pas de revenus, peut toutefois espérer dégager un gain à plus ou moins long terme.

Un gain dont la fiscalité, très peu favorable auparavant, s'est quelque peu adoucie. En effet, concernant l'or métal détenu en direct, les épargnants ont le choix entre une taxation égale à 8 % du montant de la transaction et, depuis le 1er janvier 2006, une imposition de la plus-value selon le régime de droit commun, soit un taux de 27 % (prélèvements sociaux inclus).

Dans cette dernière hypothèse, un abattement applicable par année de détention à compter de la 3e permet de bénéficier d'une exonération totale sur la plus-value réalisée après 12 ans de détention.

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Comment investir sur le marché de l'or ?

L'or est d'abord une matière première et, plus précisément, un métal précieux dont la rareté et les propriétés l'ont fait adopter comme monnaie. L'or est aujourd'hui une valeur de placement et peut même être une valeur spéculative. D'ailleurs, il existe désormais de nombreuses possibilités d'investir sur le marché de l'or. Présentation des principales solutions à la disposition des investisseurs.

Investir dans l'or métal

L'or physique se présente sous trois formes : la barre, le lingot et les pièces.

Précisions : le poids de l'or se mesure en grammes ou en onces et on désigne par or métal l'ensemble des objets en or. Les barres et les lingots sont regroupés sous l'appellation d'« or métal non ouvré » et les pièces sous l'appellation d'« or ouvré ».

L'acquisition d'un lingot ou encore d'une barre n'est pas à la portée de toutes les bourses, puisque, au 12 juin 2008, la cotation du lingot (soit pour le plus courant environ 1 kilogramme d'or) est de 18 000 €, amenant le coût d'une barre (soit environ 12 kg) à près de 216 000 €. Pour un premier investissement, autant commencer par acheter des pièces d'or, les 19 pièces cotées en France ayant un prix accessible et présentant donc l'avantage d'être plus souples d'utilisation. Par ailleurs, les pièces, contrairement au lingot et à la barre, qui valent exacte-ment leur poids en or, ont un caractère spéculatif. Ces pièces, selon les périodes, peuvent valoir plus ou moins que le prix de l'or physique fixé sur les marchés. Cette différence entre le prix d'une pièce et le prix de son poids en or fixé sur les marchés constitue une prime, qui peut être positive mais aussi négative, selon que la demande est supérieure ou inférieure à l'offre.

L'or n'est plus coté à Paris, mais CPR or assure la liquidité du marché pour tous les réseaux bancaires. Ainsi, pour suivre le cours de l'or sur les marchés et consulter les cotations du lingot et des principales pièces échangées, un cours de référence est communiqué chaque jour à 13 heures sur le site http://www.cpror.com rubrique « cotations », puis dans la presse le lendemain.

En pratique : les investisseurs souhaitant se procurer des pièces, lingots ou barres peuvent s'adresser aux banques, à des entreprises d'investissement ou encore à des « marchands d'or » spécialisés dans le commerce des métaux précieux.

Par ailleurs, il est possible, depuis 2005, d'acheter de l'or « physique » sans pour autant prendre le risque de le conserver à son domicile ou encore d'avoir à supporter le coût d'une location de coffre dans une banque. Des lingots d'or ou des monnaies de placement peuvent être consignés sur un compte-titres, les opérations d'achat ou de vente se font alors via ce simple compte-titres, sans être obligé de procéder à une livraison physique du métal, qui reste toutefois possible.

Investir dans l'or papier

La détention physique d'or peut apparaître désuète aux yeux de certains investisseurs. Pour eux, il existe des supports plus modernes de détention de la matière première or. Dans la même logique que l'immobilier et la pierre papier, certains supports permettent donc de profiter de la hausse du cours de la matière première or sans subir les inconvénients d'une détention physique.
Ainsi, particuliers et professionnels peuvent investir sur le marché de l'or par le biais de valeurs mobilières cotées en Bourse et indexées sur l'or physique. Mais il est parfois difficile de faire un choix parmi tous les produits de placement proposés sur le marché boursier. Pour s'y retrouver, l'investisseur doit identifier sa résistance face au risque, puisque chaque produit proposé a une capacité plus ou moins importante à amplifier les évolutions du prix du métal jaune à la hausse comme à la baisse.

Les différents supports d'investissement dans l'or
Produits de placement*ObjetRisqueAvantagesInconvénients
Trackers orFonds (ou Sicav) indiciels cotés en Bourse représentant des quantièmes d'indices boursiers (CAC 40, matières premières...), et répliquant leurs performances.Peu risqué à risqué mais réservés à des investisseurs actifs pour un placement à court et moyen terme. Simplicité d'utilisation.

Cotation en continu, transparence des cours cotés (le tracker reflète fidèlement l'indice auquel il se réfère).

Grande variété d'investissement.

Accession à l'or avec un compte-titres.

Frais inférieurs aux Sicav et FCP classiques.

Certains trackers sont éligibles au PEA.
Pas de couverture sur le change.

Une liquidité variable.
OPCVM (Sicav et FCP)Des fonds mis en commun confiés à des gérants professionnels qui sélectionnent et gèrent un portefeuille de valeurs mobilières.Assez risqué. Mutualisation des risques.

Délégation à un professionnel ayant des informations non communiquées au grand public.
Peu de choix.

Difficultés pour trouver des fonds performants à moyen terme et s'éloignant des performances du cours de l'or.
FCIMTLe fonds commun d'intervention sur les marchés à terme fonctionne comme un FCP proposant de répliquer l'évolution du marché à terme de l'or.Plus risqué que les Sicav et FCP. Couverture sur le change (opération visant à réduire ou à éliminer le risque de change en achetant à terme, grâce à des contrats à terme financiers, ou grâce à des emprunts dans la monnaie exposée).

Les parts sont négociables tous les jours.
Un seul produit proposé par le marché.

Première souscription fixée à 10 000 €.

Aucune garantie sur le capital et son éventuelle restitution.
Certificats Distribués par les banques, il s'agit de valeurs mobilières, (obligations notamment adossées à un stock d'or) proches des trackers.

Ils permettent de suivre la performance d'un indice ou d'une matière première sans investir dans un OPCVM.

Leurs cours répliquant l'évolution de son sous jacent (indice par exemple le CAC 40). Ils permettent de miser tant sur la hausse que sur la baisse de l'or.
Risqué. Très spéculatif et simple d'utilisation.

Très bonne liquidité assurée par les établissements financiers.

Possibilité de se diversifier, sans effet de levier.

Coûts faibles.
Le taux de couverture du change entraîne des frais supplémentaires.

Le gain est très corrélé à la durée de vie.
Actions de mines d'orLes actions de sociétés minières sont liées au prix de l'or ; le cours de bourse de ces mines repose sur de nombreux critères difficiles à appréhender.Très risqué et réservé à des investisseurs avertis. Un secteur en expansion.

Une possibilité d'accentuer l'augmentation actuelle du cours de l'or.
Il s'agit le plus souvent de valeurs étrangères entraînant des frais de négociation et des frais de garde assez élevés.

Le cours de ces actions est très volatile.
WarrantsPermettent de répliquer l'évolution du cours de l'or avec un effet de levier limité dans le temps.Très risqué.Très bon effet levier offrant une large possibilité de réaliser des plus-values importantes. Risque de perte en capital.

Durée de vie limitée. La date d'échéance doit être surveillée de près. Produit demandant une surveillance quotidienne.
*Tous ces placements suivent la fiscalité de leurs supports qui, pour l'essentiel, subissent la fiscalité des valeurs mobilières. Toutefois, ces produits présentent en grande majorité des spécificités qui les rendent plus ou moins intéressants d'un point de vue fiscal.

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Quelle est la fiscalité applicable ?

Impôt de solidarité sur la fortune

Les pièces et les lingots d'or, ainsi que tous les autres objets en or – exception faite des objets d'art, de collection (notamment les pièces d'or frappées avant 1800 ou vendues aux enchères) et d'antiquité de plus de 100 ans – doivent être compris dans le patrimoine soumis à l'ISF et doivent, en principe, être déclarés pour leur valeur vénale au 1er janvier de l'année d'imposition.

Droits de mutation

L'or physique est imposable selon le droit commun, en tenant notamment compte du cours de reprise de la Banque de France au jour du décès ou de la donation, ou de leur cotation s'il s'agit de produits cotés.

Imposition des cessions à titre onéreux

Jusqu'au 31 décembre 2005, l'investissement dans l'or métal (pièces, lingots...) était très pénalisé par l'application d'une taxe forfaitaire égale à 8 % (7,5 % de taxe et 0,5 % de CRDS) du montant de la vente. Autrement dit, que l'opération se solde par un gain ou par une perte, la vente était taxée. Ce qui faisait que l'or physique en tant que support de placement présentait peu d'attrait. Depuis le 1er janvier 2006, le cédant peut aussi opter pour le régime de droit commun des plus-values de biens meubles, à condition toutefois d'être en mesure de justifier de la date d'acquisition, et le cas échéant du prix de revient de cet or métal. Dès lors, seule la plus-value sera alors taxée au taux de 27 % (prélèvements sociaux de 11 % inclus) après application d'un abattement égal à 10 % par an à partir de la 3e année de détention. Au-delà de 12 ans de détention, la plus-value est donc totalement exonérée d'impôt.

Attention : pour bénéficier du régime de droit commun des plus-values de biens meubles, l'investisseur doit être en mesure de justifier la date d'acquisition et/ou le prix de revient. À cet effet, il doit donc être en mesure d'identifier les pièces d'or et les lingots achetés, et donc conserver une preuve d'achat. Ce qui n'est pas toujours aisé puisqu'il est en principe toujours possible d'acquérir de l'or anonymement, dès lors que la transaction a lieu en France.

Pour bénéficier de ce régime d'imposition, les vendeurs devront opter et déclarer la plus-value sur un formulaire n° 2092 (disponible sur le site internet www.impot.gouv.fr) dûment rempli et accompagné des justificatifs.

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Article du 17/11/2008 - © Copyright SID Presse - 2008




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