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Assurance-vie : bien choisir son contrat
L'assurance-vie est un des placements "vedettes" des français. Son attrait provient à la fois d'un rendement compétitif et d'une fiscalité encore très avantageuse.
Véritable outil de capitalisation, accessible à tous, l'assurance-vie est devenu le fer de lance des produits d'épargne proposés. On dénombre aujourd'hui plus d'un millier de contrats différents sur le marché.
Il convenait donc de faire un point et de lister les critères essentiels qui vous permettront de faire le bon choix.
Le mécanisme de l'assurance-vie est simple :
Le souscripteur verse, en une seule fois ou de façon périodique, des sommes sur un "compte d'assurance-vie".
Ces sommes constituent un capital rémunéré par des intérêts.
Les intérêts ainsi acquis s'ajoutent chaque année au capital pour produire eux-mêmes des intérêts.
Priviléggiez la sécurité
On distingue deux types de contrats d'assurance-vie différents : les contrats multi-supports en unités de compte et les contrats en euros.
Avec les premiers, c'est vous qui choisissez les supports de placement de votre épargne : SICAV, Fonds Communs de Placement, Sociétés Civiles Immobilières, etc.
Avec les seconds, vous jouez la sécurité en confiant votre épargne à un gestionnaire averti qui vous garantit une rémunération annuelle minimale.
La majeure partie de vos versements est alors investie en obligations.
Notre conseil :
si vous choisissez un contrat en unités de compte, assurez-vous que les supports d'investissement proposés par le contrat sont suffisamment diversifiés.
Contrôlez aussi les frais qui vous seront prélevés à chaque arbitrage, c'est-à-dire à chaque fois que vous changerez de support d'investissement : achat d'une "SICAV actions" en remplacement d'une "SICAV obligations" par exemple.
Privilégiez la solidité
Ne tentez pas le diable, confiez votre épargne à un gestionnaire dont la notoriété et la surface financière sont certaines.
Cela vous laisse un choix très important car de nombreux établissements connus sur la place proposent des contrats d'assurance-vie : mutuelles, associations d'épargnants, compagnies d'assurances...
Contrôlez les frais
Les frais sur les versements, ou frais d'entrée, sont censés rémunérer le vendeur du contrat d'assurance. Ils ne doivent en aucun cas excéder 5 %. Aujourd'hui, compte tenu de la baisse des rendements, privilégiez des contrats pratiquant un taux voisin de 3 % à 4 %.
Exemple :
un taux de 3 % signifie que pour un versement de 1 000 euros, 970 euros sont investis et 30 euros vous sont définitivement prélevés.
Les frais de gestion rémunèrent l'assureur. Ils sont généralement peu élevés : de 0,3 % à 1 %. Mais ils s'appliquent chaque année au total des sommes investies. Privilégiez les contrats pratiquant un taux voisin de 0,5 %.
Attention :
certaines compagnies pratiquent le précompte des frais d'entrée. C'est-à-dire que l'assureur vous prélève par avance, en début de contrat, l'intégralité des frais qui seront dus sur les versements que vous vous engagez à réaliser. Refusez absolument toute clause de précompte dans votre contrat.
Exemple :
vous investissez 1 000 euros par an sur 8 ans. Les frais d'entrée fixés à 3 % s'élèvent à : 3 % x 8 x 1 000 euros = 2 40 euros. Cette somme vous sera prélevée sur votre premier versement et seuls 760 euros (1 000 euros - 240 euros) seront investis la première année.
Cette pratique est très pénalisante car elle ampute vos premiers versements. Ces premiers versements sont les plus rémunérateurs car ils représentent les sommes investies sur la durée la plus longue. D'autre part, en cas de rachat anticipé de votre contrat, vous y seriez de votre poche.
Dans notre exemple, si vous rachetez votre contrat au bout d'un an, vous ne récupérerez même pas votre mise initiale de 1 000 euros, mais seulement : (1 000 - 240) x 105,5 % = 801,8 euros(1).
(1) Par hypothèse, nous avons retenu un taux de rendement net de 5,5 % par an.
Exigez la liquidité
Les avantages fiscaux sont réservés aux contrats d'une durée minimale de 8 ans. Cependant, les compagnies ont trouvé la parade en vous consentant des avances, en général jusqu'à 80 % des sommes que vous avez versées.
À noter :
ces avances vous sont facturées le plus souvent à un taux équivalent au taux de la rémunération servie l'année précédente, majoré de 1 %.
Certains contrats ne permettent pas d'obtenir ces avances. Dès lors, si vous avez un besoin momentané de liquidités, vous devez procéder à un rachat partiel de votre contrat. Ce rachat entraîne une imposition de la quote-part des intérêts compris dans la somme que vous retirez.
Privilégiez la régularité
Choisissez un contrat pour la régularité de ses performances. Ne vous laissez pas griser par une première année exceptionnelle. Jugez un contrat sur la durée : 5 ans, voire 3 ans au minimum.
Préférez la liberté
Vous avez le choix entre plusieurs formules de versement des primes.
1- Les primes périodiques sont celles dont le montant et la périodicité sont fixés à l'avance dans le contrat.
Attention, votre contrat peut prévoir que si vous interrompez, même temporairement, vos versements, vous serez pénalisé. Le rendement de votre contrat sera mis en réduction, c'est-à-dire amputé d'une pénalité. Fuyez de telles clauses.
2- Avec un contrat à prime unique, chaque prime entraîne la souscription d'un nouveau contrat.
Ce choix peut être judicieux en période de taux d'intérêts élevés si vous disposez d'un capital important.
3- Les versements libres constituent la meilleure formule qui allie souplesse et performance.
Souplesse, car vous ne souscrivez que lorsque vous le souhaitez. Performance, car cette liberté oblige votre assureur à être très performant pour vous inciter à réaliser de nouveaux versements.
Évitez les polices mixtes
Évitez les contrats qui vous garantissent un premier capital en cas de vie et un second plus important en cas de décès. Autrement dit, les contrats qui cumulent la capitalisation et une assurance-décès. Si vous souhaitez vous assurer en cas de décès, souscrivez de préférence un contrat d'assurance-décès autonome, voire une assurance "vie universelle".
Exigez la fiche technique
Obligez-vous à lire attentivement votre contrat et ses conditions générales. Si ces documents renvoient à une fiche technique qui précise notamment les modalités de valorisation de l'épargne et de répartition des frais d'entrée, exigez-la de votre assureur : il est tenu de vous la remettre.
A défaut, renoncez au contrat. Vous pouvez même, pendant un délai de 30 jours après sa signature, le résilier sans aucune pénalité.
Conclusion :
l'assurance-vie est un excellent produit de placement à long terme. Mais attention à ne pas le confondre avec un plan d'épargne classique et "sans surprise". La multitude des contrats sur le marché, la banalisation et la médiatisation qui en sont faites, invitent à la plus grande prudence. Avant toute décision, demandez toujours une documentation précise.
N'hésitez pas à solliciter le Cabinet pour vous épauler dans l'étude comparative du contrat qui vous est proposé et pour analyser l'opportunité d'un tel placement dans votre stratégie patrimoniale.
Article du 01/05/2004 - © Copyright SID Presse - 2006
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